les Fades (conte traditionnel)
En ces temps là, les bergers de Saint Simon évitaient le « Suc des Dames », prétendu lieu de rassemblement des fées (fades). En faisant paître leurs troupeaux à cet endroit un mauvais sort risquait d’atteindre leurs moutons ;
souvent ils avaient constaté que l’herbe fraîche du soir s’y retrouvait tassée et piétinée le lendemain matin. Les fées avaient tenu leur rassemblement nocturne. Ces fades disposaient d’un pouvoir exceptionnel. Sous une apparence séduisante ces blanches filles du démon cachaient une volonté de vengeance.
Un soir d’été 1632, dans l’une des auberges de Saint Simon, Pierre Mousset imbibé de vin à souhait, paria qu’il irait cette nuit même surprendre les demoiselles dansant au Suc des Dames.
Le pari engagé, Pierre prit sa musette et partit à travers bois, du côté de Mazic. Persuadé que les fées n’existaient pas, il avançait cependant avec quelques inquiétudes… mais le pari était engagé. Il fallait maintenant aller jusqu’au bout.
La nuit était claire, la lune pleine, la nature tranquille. Cela lui suffit à retrouver du courage pour poursuivre son chemin.
Pierre marchait et il ne lui restait plus qu’une colline à franchir pour arriver au suc. Ce dernier sommet franchi, il distingua au loin une douzaine de demoiselles qui dansaient et folâtraient autour du mamelon. Il poursuivit son avance.
Pierre qui était aussi ménétrier, commençait à dessaouler. Marche et émotions l’avaient aidé à écluser.
Il remarqua la pâleur des fées et s’étonna que chaque fois que leurs mains se touchaient il lui parvenait un son creux pareil à des os qui auraient été privés de chair.
Il s’immobilisa, admirant les demoiselles, contemplant leurs formes lascives qu’un simple tissu enfermait dans une prison transparente.
Envoûté par un tel spectacle il se crut de la fête, sortit sa cornemuse et commença à interpréter ses plus beaux airs.
Aussitôt les fades s’enfuirent. Deux seules, moins peureuses, s’approchèrent et vinrent lutiner l’homme à la musette, ravi.
L’une enleva son chapeau et disparut avec. L’autre lui vola trois roses attachées à son gilet. Pierre la poursuivit voulant récupérer son bouquet mais surtout espérer autre chose.
Quoique courant il ne put l’atteindre et quand il y parvint cette maîtresse impalpable lui glissa entre les bras.
Ils firent ainsi beaucoup de chemin et parvinrent jusqu’à l’escarpement où l’on domine Belliac.
Arrivé au bord du précipice le ménétrier voulut rétrograder, mais la fée s’approchant lui dit tout bas, une douce parole et la montagne retentit aussitôt d’un bruit de chute et de quelques plaintes.
Le lendemain on retrouva Pierre, le corps mutilé, la tête sanglante, n’ayant plus qu’un léger souffle de vie.
Prés de lui gisait sa cornemuse encore gonflée.
On ne retrouva jamais le chapeau ni les fleurs.
Le malheureux n’eut que le temps de raconter son aventure. Il demanda pardon à Dieu en souhaitant, s’il devait mourir, trouver un paradis rempli de fades. Il reçut l’absolution et trépassa.
souvent ils avaient constaté que l’herbe fraîche du soir s’y retrouvait tassée et piétinée le lendemain matin. Les fées avaient tenu leur rassemblement nocturne. Ces fades disposaient d’un pouvoir exceptionnel. Sous une apparence séduisante ces blanches filles du démon cachaient une volonté de vengeance.
Un soir d’été 1632, dans l’une des auberges de Saint Simon, Pierre Mousset imbibé de vin à souhait, paria qu’il irait cette nuit même surprendre les demoiselles dansant au Suc des Dames.
Le pari engagé, Pierre prit sa musette et partit à travers bois, du côté de Mazic. Persuadé que les fées n’existaient pas, il avançait cependant avec quelques inquiétudes… mais le pari était engagé. Il fallait maintenant aller jusqu’au bout.
La nuit était claire, la lune pleine, la nature tranquille. Cela lui suffit à retrouver du courage pour poursuivre son chemin.
Pierre marchait et il ne lui restait plus qu’une colline à franchir pour arriver au suc. Ce dernier sommet franchi, il distingua au loin une douzaine de demoiselles qui dansaient et folâtraient autour du mamelon. Il poursuivit son avance.
Pierre qui était aussi ménétrier, commençait à dessaouler. Marche et émotions l’avaient aidé à écluser.
Il remarqua la pâleur des fées et s’étonna que chaque fois que leurs mains se touchaient il lui parvenait un son creux pareil à des os qui auraient été privés de chair.
Il s’immobilisa, admirant les demoiselles, contemplant leurs formes lascives qu’un simple tissu enfermait dans une prison transparente.
Envoûté par un tel spectacle il se crut de la fête, sortit sa cornemuse et commença à interpréter ses plus beaux airs.
Aussitôt les fades s’enfuirent. Deux seules, moins peureuses, s’approchèrent et vinrent lutiner l’homme à la musette, ravi.
L’une enleva son chapeau et disparut avec. L’autre lui vola trois roses attachées à son gilet. Pierre la poursuivit voulant récupérer son bouquet mais surtout espérer autre chose.
Quoique courant il ne put l’atteindre et quand il y parvint cette maîtresse impalpable lui glissa entre les bras.
Ils firent ainsi beaucoup de chemin et parvinrent jusqu’à l’escarpement où l’on domine Belliac.
Arrivé au bord du précipice le ménétrier voulut rétrograder, mais la fée s’approchant lui dit tout bas, une douce parole et la montagne retentit aussitôt d’un bruit de chute et de quelques plaintes.
Le lendemain on retrouva Pierre, le corps mutilé, la tête sanglante, n’ayant plus qu’un léger souffle de vie.
Prés de lui gisait sa cornemuse encore gonflée.
On ne retrouva jamais le chapeau ni les fleurs.
Le malheureux n’eut que le temps de raconter son aventure. Il demanda pardon à Dieu en souhaitant, s’il devait mourir, trouver un paradis rempli de fades. Il reçut l’absolution et trépassa.
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